PARC BRONDELOIRE : LA TRAME VERTE QUI FAIT VOIR ROUGE.

Publié le par jardin de traverse

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Les habitants de l'Epeule n'auront pas manqué de le remarquer (à défaut d'en avoir été informés auparavant), le Parc Brondeloire fait l'objet de travaux titanesques.

C'est qu'il s'agit de faire un parc (budget 2 millions €), lequel est englobé dans le projet européen de trame verte et bleue afin de renforcer le corridor écologique.
Beau projet mais qui répond de manière démesurée à une faible demande des habitants.
Belles intentions, mais s'agissant d'un projet européen, on n'échappe pas à l'application de normes visant à standardiser le paysage.
Et puisque le terrain est pollué par les activités industrielles passées, on vire tout et on recommence !
Ainsi pratiquement tous les arbres ont été arrachés, la terre raclée sur 50 cm (pour polluer on ne sait quel autre site, mais normalisé celui-là).
De la terre nouvelle a été apportée (elle ne contient pas le moindre ver de terre), un réseau hydraulique complexe a été déployé, reliant de grandes zones bâchées (dont on peut déduire qu'elles sont désormais stérilises), et de vastes surfaces ont été sacrifiées au revêtement de sol.

Et au beau milieu de ce vacarme, le Jardin de Traverse se débat pour sauver un peu de terre. Pour avoir quelque mots à dire dans un aménagement qui le concerne en premier chef, puisqu'il sera le coordinateur de l'espace de compostage et de la zone éco-pédagogique.
Mais non, aucune concession ne sera accordée, les normes l'exigent et face aux normes, la logique ou l'esthétique n'ont aucun poids. Mêlez-vous de vos oignons ! Il s'agit pourtant d'un projet financé en partie par l'Agence National de Rénovation Urbaine, qui demande logiquement de la concertation avec les habitants.

Voilà 7 ans que le Jardin de Traverse transforme ce pauvre terrain en jardin luxuriant, de façon douce, écologique et patiente. Hors norme en somme.
Hélas, notre seule petite demande de préservation d'une bande de terre de 40 cm pour végétaliser une grille s'est heurtée à l'impossibilité de faire plier la norme.

Triste norme, si puissante, si inhumaine, si changeante, si sourde aussi, manie de bureaucrate en mal d'influence qui rêve d'un paradis très artificiel…

Le bilan écologique de tout cela, ce sera au minimum des tonnes de CO2 émis par les engins et des centaines de m2 minéralisés au détriment de la faune et de la flore !
Cherchez l'erreur…


Antoine Delor
Président du Jardin de Traverse